Célébration du mauvais goût : Les 40 ans de Death Race 2000

C’est le 27 avril 2015, très exactement, que le film Death Race 2000 va fêter le quarantième anniversaire de sa sortie sur les écrans. Chez Wetta, on aime le ciné fantastique, de A à Z (en passant par B comme Bis…) et il était impossible de manquer cette occasion pour publier Les seigneurs de la route : L’ultime course à la mort, la suite de ce chef d’œuvre du Bis en bande dessinée.
 
ATTENTION : Réservée aux fans du film et aux afficionados du mauvais goût, cette B.D. n’a rien d’une adaptation « ciné-comics » léchée qui sert la soupe au public mais tient plus du petit pétard hardcore qui pique les yeux… logique, vu le sujet.
Pour les malheureux qui ignorent tout du matériel original, ces chroniques sur SciFi Universe et  Nanarland apporteront des réponses et pour les téméraires qui veulent tenter l’expérience, faites-vous plaisir ! Licorne d’or du défunt Festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction en 1976, le film était tiré d’une nouvelle d’ Ib Melchior (The Racer), décédé en mars dernier.  La course à la mort de l’an 2000 rebaptisé Les seigneurs de la Route lors de sa sortie vidéo dans les années 80, a été produit par Roger Corman, l’homme qui incarne cette période de l’Histoire du cinéma qui suit la fin du Hollywood de l’âge d’or, l’époque bénie du Drive-in et des petites salles de quartier qui allaient par la suite favoriser la naissance des films d’exploitation et du Grindhouse.     Ses méthodes de production et de travail étaient si spécifiques qu’on parlait alors de l’École Roger Corman. Découvreur de talents, Jack Nicholson, Jonathan Demme, James Cameron, Ron Howard, Martin Scorcese, Joe Dante, Rob Bottin et Francis Ford Coppola ont débutés dans ses productions. Passionné et adepte du bon goût, il a travaillé pour la diffusion aux États-Unis des films de François Truffaut, Ingmar Bergman ou encore Federico Fellini. Réalisateur d’une cinquantaine de films, dont le cultissime La petite boutique des horreurs (qu’il tourna en seulement deux jours), il marquera le cinéma fantastique avec son excellent cycle consacré à Edgar Allan Poe adaptant avec le concours du grand Richard Matheson : La chute de la maison Usher, le somptueux Le masque de la mort rouge, L’empire de la terreur, La chambre des tortures et le génialLe corbeau avec Vincent Price et Boris Karloff, qui transforme en comédie le texte original. La malédiction d’Arkham, adaptation de L’affaire Charles Dexter Ward de Lovecraft ajoutant des éléments du poème Le palais hanté de Poe, complètera le cycle de manière magistrale en 1963.       Producteur roublard et malin, on lui doit sa participation à des films comme House, Piranha, Les enfants du maïs, Warlock, et ce visionnaire et féroce La course à la mort de l’an 2000, qui sera considéré comme le meilleur film Bis jamais tourné et qui sera l’objet d’un remake viril (Course à la mort, Paul W.S. Anderson, 2008) dont la suite (Course à la mort 2, Roel Reiné, 2011) rendra hommage dans sa première partie à un autre film produit par Corman, Les gladiateurs de l’an 3000, qui adaptait aussi le concept du « massacre show dystopique » cette fois à la façon des jeux du cirque. À la différence du morose Rollerball, qui se devait de dénoncer en condamnant le dopage à la violence pour conserver son statut de film « adulte », La course à la mort de l’an 2000, toute série B qu’elle est, pouvait se permettre l’irrévérence de se vautrer avec allégresse dans le vice qu’elle mettait en lumière, laissant le spectateur apprécier. La sauce «  cartoon » qui relève chaque séquence du film, les éclaboussures gore et l’absence totale de morale lui donneront sa force et son impact, ce côté rock’n’roll qui manque tant au classique de Norman Jewison. Les seigneurs de la route / La course à la mort de l’an 2000 restera l’un des sommets de son réalisateur, Paul Bartel, alors au top de sa forme (bien que son meilleur film reste l’inénarrable Eating Raoul qu’il signera en 1982).   eating-raoul-poster   Niveau casting, David Carradine (le Bill des Kill Bill, pour citer autre chose que la série Kung-Fu qui l’a rendu célèbre) impressionnant de froideur rendait les coups à Sylvester Stallone (qui n’était pas encore Rocky Balboa). Les deux reprendront des rôles proches un an plus tard dans le plus léger Cannonball (Carquake, à ne pas confondre avec L’équipée du Cannonball avec Burt Reynolds), sur un thème similaire.
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LA SUITE EN B.D. Pour la bande dessinée qui fait suite au film, pas question d’embaucher Alan Moore et Alex Ross. On reste dans le ton du film original : du trash rigolo, bancal et kitsch comme on l’aime ! Agression rétinienne outrageante pour l’esthète amateur de graphisme pointu et raffiné, les planches illustrent une histoire à la violence aussi gratuite et immorale que celle du classique qui tache de 1975. Wetta propose donc Les seigneurs de la route : l’ultime course à la mort,la suite directe du film dans laquelle Frankenstein, le champion de la grande course transcontinentale, est devenu l’impitoyable Président des Provinces-Unies d’Amérique. Disponible en version numérique à télécharger sur le champs et en version imprimée à commander sur la boutique. Cette version française a été retravaillée pour lui donner l’aspect d’une vieille B.D. des 70’s, pour coller le plus possible à l’ambiance et l’époque où a été tourné le film. Un « plus » qui la rend supérieure à la version américaine (c’est les critiques qui le disent !), on commence à avoir l’habitude… Merci ! 😉
  On se quitte sur le clip officiel de Don’t stop par Gigamesh, constitué exclusivement de savoureux extraits du film. Enjoy !