Alien vs Predator : Boucherie et philosophie

La quatrième partie de la saga Le feu et la roche est intitulée Alien vs Predator (titre bourrin par excellence) et contre toute attente, c’est bien cet opus qui  apporte toute sa saveur à la saga.

Si les mutations causées par l’accélérant et la férocité des xénomorphes sont l’occasion d’ouvrir les vannes d’hémoglobine et d’agrandir le bestiaire de l’univers étendu Alien (un Predator, un synthétique et un humain métamorphosés par la « boue noire » de Prometheus), cet épisode s’éloigne peu à peu de l’approche littérale de l’action pour se centrer sur l’aspect philosophique de la saga. On passe alors à une lecture presque métaphorique, évoquant la condition humaine et les rapports à la nature et la divinité, dans les dialogues entre Elden (dont le nom évoque un fameux jardin) et Francis.

Le synthétique mutant, totalement bipolaire, incapable de gérer ses émotions naissantes et dont la logique d’androïde est inapte à percevoir le sens de la vie (une information que son programme cherche à assimiler coûte que coûte, quitte à massacrer tout le monde), l’humain dont l’esprit tente de survivre à la matière qui le dévore, et le Predator s’abandonnant complètement à la force brute qui l’anime, entament  une danse de la mort où chacun atteindra ses limites.

La patte d’Olivetti porte à la perfection ce récit aussi captivant qu’étrange, rappelant les bandes dessinées de S.F. des années 70. Grand, réfléchi, déroutant et envoûtant.

Un album à se prendre dans les dents, avant la conclusion signée Kelly Sue DeConnick et Agustin Alessio dans la cinquième et ultime partie !